Article du pays Briard 17 avril 2020.

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Touchées de plein fouet,les entreprises françaises vont connaître des temps difficiles. Hôtels et res-
taurants estiment à 32 % le taux d’établissements qui n’ouvriront plus.
Explications avec Sébastien Alaire, Président de Banque-Infos-Recours.
Au milieu du mois de mars,
un très grand nombre de commerces reçoivent l’ordre de fermer leurs portes. Ils doivent se plier aux consignes. Mais ces consignes signent pour beaucoup un arrêt définitif d’activité. Des solutions sérieuses
« Vous évoquez les hôtels
et les restaurants », intervient Sébastien Alaire, «  mais on peut compter bon nombre d’activités liées par exemple aux loisirs et au tourisme ainsi que toutes les activités liées à la culture qui seront les premières victimes de cette pandémie. Une mauvaise préparation à cette catastrophe inattendue précipite le pays tout entier dans une crise majeure dont nombreux,

que j’estime par ailleurs largement supérieur au tiers, ne se relèveront pas. »
Plan de reprise du gouvernement
«  Le plan de reprise de l’économie annoncé par le ministre de l’Économie Bruno Lemaire ne doit pas se faire attendre », prévient Sébastien
Alaire, « car attendre la fin de la pandémie va créer un délai supplémentaire pendant lequel nombreux autres

entreprises seront en péril. »
«  Nous sommes dans un
cercle vicieux où le serpent se mord la queue. Les entreprises qui coulent génèrent des licenciements, de la pré-
carité parmi les salariés, une
forte baisse voire une perte totale des revenus des artisans et indépendants et ils n’ont aucune solution pour
renflouer », dit le président de Banque-Infos-Recours avant d’ajouter : « Point positif, le
gouvernement annonce une

garantie de prêts à hauteur de 300 milliards d’euros cebqui peut avoir des effets positifs, mais également mettrendu poids sur les épaules des entreprises qui se retrouventbavec des charges supplémentaires. N’oublions pas que
ces prêts ne viennent pas à l’investissement, mais uniquement pour éponger les dettesncontractées pendant le confinement ainsi que celles qui arrivent. »
«  Certes, le report desncotisations Urssaf va donnernune bouffée d’oxygène aux entreprises », poursuit le Président de Banque Infos Recours,
« mais cela ne sera pas, je le crains, suffisant. Il faudrait supprimer totalement les charges pour permettre aux indépendants de repartir sur des bonnes bases ».
Les indépendants menacés.
Dans les cas des très nombreux indépendants dont les
revenus reposent entièrement
sur leur activité, les baisses de
revenus sont souvent à 100 %.
Le gouvernement promet la mise
en place de solutions au cas par

cas, mais ce soutien financier ne
sera pas activé à temps et risque
d’être largement insuffisant. Il
pourrait être trop tard pour
nombre d’entre eux qui vont
rejoindre le nombre croissant
des demandeurs d’emploi.
Les particuliers touchés également
Sébastien Alaire poursuit  :
« Les travailleurs mis en activité partielle doivent eux aussi faire face à une baisse de leurs revenus de 16  %
ce qui est dans une grande majorité des cas une catas-ltrophe. Avec leur revenu à 100 %, ils peinent à subvenir
à leurs besoins et là, c’est de pire en pire. Pour ceux qui ont des crédits, je recommande à l’État de geler les prêts et les intérêts jusqu’au mois de dé-
cembre pour permettre une reprise économique forte et aux salariés de pouvoir vivre dignement au sortir de cette période qui leur aura coûté
cher ». Et d’ajouter : « Pour tous ceux qui rencontrent des difficultés, je les invite à se renseigner pour la mise en
place de délais de grâce auprès du tribunal de Grande Instance de leur ville. Cela peut suspendre les crédits
jusqu’à 24 mois. Je rappelle l’article L314-20 du code de la consommation. Hélas, pour certains cela ne sera pas suffisant et je redoute des faillites
personnelles importantes. Les dossiers de surendettement
vont augmenter de manière significative et ce sera à la Banque de France de faire face à ces demandes. »
Sébastien Alaire conclut l’entretien en mettant en garde les responsables politiques qui aujourd’hui plus que jamais doivent protéger les citoyens
contre toutes formes de faillites
professionnelles ou personnes :
« Nous sommes à l’aube d’une crise financière qui fera suite à la crise sanitaire. Cette crise économique risque d’être dramatique et à très long
terme si les mesures ne sont pas fortes.
Il faut que les consommateurs n’hésitent pas en cas de problèmes à se rapprocher dennous, service gratuit puisque nous sommes une association de conseils et d’accompagnement. »

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