L’étude qui s’en suivra répond à une demande de la CNTPE. Elle a été réalisée via une passation de
questionnaire online auprès d’un échantillon d’environ 25 650 chefs et cheffes d’entreprise au niveau national (France, DOM-TOM compris). Cette étude à pour objectif de rassembler de rassembler les
ressentis et situation des chefs/cheffes d’entreprises Français(es) afin de déterminer l’impact
économique et psychologique que la crise sanitaire du COVID 19 entraine au sein des patrons de très
petites entreprises (TPE par la suite).
L’étude fera l’objet d’une analyse nationale et plus spécifique sur les régions les plus représentées.




La crise actuelle aura un impact certain en terme d’emplois.

Les chefs d’entreprises interrogés sont en très grande majorité de très petites structures comprenant
entre 0 et 5 employés principalement. Nous sommes bien ici en présence de TPE. Les structures avec
0 employés correspondent à des entreprises individuelles

Situation des chefs d’entreprises.

A l’heure actuelle, 17% des entreprises interrogées sont au bord du dépôt de bilan, soit près de 4430
entreprises. A titre informatif (d’après les sources de l’INSEE 2014 et une étude Ipsos pour Randstad
2016 [https://resources.grouperandstad.fr/decryptages/economie-que-pesent-reellement-les-pme-
et-tpe-en-france/]), la France compte 3,1 millions de TPE, soit 99,8% du paysage professionnel
Français. Une perte de 17% de ces entreprises induirait le risque de fermeture de 527 000 d’entre elles
et la mise au chômage de 2,4 millions de Français soit 8,3% des salariés Français.
Les 2% d’entreprises en dépôt de bilan représenteraient, toujours à l’échelle nationale 62 000
entreprises et 280 000 salariés. Cette proportion correspond à la tendance naturelle de défaillances
d’entreprises en France annuellement, le COVID 19 n’interfère donc en rien avec cette donnée.
Cependant certains secteurs sont plus touchés que d’autres. Après un test du khi-deux sur tableaux de
contingence pour vérifier la véracité statistique des données (Annexe 1). Les secteurs d’activités les
plus menacés par cette crise du COVID 19 sont la restauration et le tourisme.
Ils représentent parmi les entreprises enquêtées la plus grande proportion d’entreprises au bord du
dépôt de bilan. Sans oublier le commerce et négoce qui souffre énormément de la situation, 19% des
chefs d’entreprise travaillant dans ce secteur d’activité ont indiqué être au bord du dépôt de bilan.
En ce qui concerne les entreprises qui s’en sortent correctement nous retrouvons
l’informatique/Télécoms (la distanciation sociale induit une plus forte utilisation des outils
informatique et de Télécoms), l’agroalimentaire (besoin primaire, sorties autorisées pour les besoins
de premières nécessitées), les entreprises d’études et de conseil (travail à distance facilement
réalisable, entreprises en périls qui se tournent vers le conseil), et le bâtiment/matériaux de
construction (les appels d’offre sont majoritairement publiques, les chantiers sont en cours, les
contrats sont sur du long terme et les commandes de chantiers sont déjà passées).
Maintenant il se tient également de ‘s’intéresser aux activités qui vont redémarrer mais difficilement.

Globalement, les chefs d’entreprises de toutes les régions sont dans la même situation, aucune région
ne ressort comme étant plus optimiste quant à la reprise des activités ou ayant une situation plus
favorable que d’autres régions (tests statistiques non significatifs).

Une reprise d’activité difficile en vue.

Pour 54% des cheffes/chefs d’entreprises enquêtés (13 851), fin du déconfinement n’est pas
synonyme de reprise d’activité. En effet, 24% d’entre eux estiment ne pas reprendre leur activité
avant Juin, 23% pas avant Septembre et 6% pas avant Décembre.
La fin du déconfinement indique tout de même la relance de l’activité de 28% des entreprises
enquêtées. Avec les 18% de cheffes/chefs d’entreprises ayant pu continuer leur activité durant le
confinement, c’est 46% des patrons enquêtés qui peuvent retourner travailler, soit 11 799 des 25 650
enquêtés.
Il y a un lien statistique entre reprise d’activité et secteur d’activité. En effet, les cheffes d’entreprises
ayant indiqués ne pas reprendre avant Juin travaillent essentiellement en restauration et en
tourisme. Ceux ayant indiqué ne pas pouvoir reprendre avant Septembre travaillent également en
majorité dans le tourisme et les études/conseil. Ceux qui ont indiqués ne pas avoir arrêté travaillent
principalement dans les secteurs de l’agroalimentaire, de l’informatique/télécoms, du bâtiment,
paradoxalement des études/conseil (une grosse moitié à pu continuer son activité et l’autre ne
pourra reprendre que plus tard), de la métallurgie et de l’industrie pharmaceutique.
Pour faire un lien avec la situation des entreprises, celles qui ont continue leur activité sont bien
celles qui pour le moment vivent le mieux la crise du COVID-19.
Perception de l’avenir
La perception de l’avenir des chefs et cheffes d’entreprises enquêtés suit la tendance soulevée ci-
dessus, avec quelques nuances supplémentaires. Nous avons, dans cette question, demandé de noter
sur une échelle de 1 à 5 leur perception de l’avenir de leur business, 5 étant très pessimiste et 1 très optimiste.

Perception de l’avenir.

La perception de l’avenir des chefs et cheffes d’entreprises enquêtés suit la tendance soulevée ci-
dessus, avec quelques nuances supplémentaires. Nous avons, dans cette question, demandé de noter
sur une échelle de 1 à 5 leur perception de l’avenir de leur business, 1 étant très pessimiste et 5 très optimiste.

De manière générale, les cheffes et chefs d’entreprises semblent préoccupés quant à l’avenir de leurs
entreprises. Bien que 47% d’entre eux soient sans avis, 33% se montrent peu, voire très peu optimistes
pour l’avenir.
Après regroupement, les notes de 1 à 2 s’apparentent aux entreprises ayant indiqué être en dépôt de
bilan et au bord du dépôt de bilan, la note 3 représentant celles qui indiquent reprendre leur activité
mais difficilement et le 4 et 5 correspondants aux entreprises ne rencontrant pas de difficultés
particulières (Annexe3).
Après analyse statistique du khi-deux, nous remarquons que les chefs/cheffes d’entreprises des
secteurs de la restauration, du tourisme, du textile et du commerce sont ceux qui perçoivent l’avenir
de leur business de manière très pessimiste (Annexe 4). Ceux des secteurs de l’informatique, du conseil
et de l’agroalimentaire sont ceux qui ont tendance à voir l’avenir de manière la plus optimiste. Il y a un
lien fort entre perception de l’avenir et situation actuelle pour les entreprises des secteurs d’activité
cités. Les secteurs en difficultés aujourd’hui ne voient pas de jours meilleurs à venir.
Les chefs/cheffes d’entreprises ont à leur disposition pour « faire face » des aides de l’état. Mais qu’en est-il de ces aides ? Répondent-elles à leurs besoins, sont-elles suffisantes ?

Aides d’état, régionales et PGE.

Au total, plus de 2 milliards d’aides régionales ont été distribuées pendant cette période de crise.
D’autres aides ont été à disposition des cheffes et chefs d’entreprises. Mais certaines semblent avoir été plus fréquemment demandées et obtenues.

Une grande partie des chefs/cheffes d’entreprises n’ont pas bénéficié des aides complémentaires, en
cause ? Une forte proportion de non-éligibilité (Graphique 10). Ainsi, seulement 3% des chefs
d’entreprises enquêtés, soit 770 sur 25 650 ont obtenu ces aides.
Comme dit précédemment, une grande majorité des patrons de TPE n’est pas éligible et ne correspond
pas aux critères de l’état (au moins 1 salarié, maximum 9 salariés, CA > 50% de l’année passée sur la
période, bénéfices > à 60 000€, ne pas avoir demandé de prêt garanti d’état, interdit aux gérants
retraités, ne pas avoir d’actionnaire majoritaire étant une personne morale, ne pas avoir bénéficié des
1500€ de l’état, activités saisonnière non prises en compte car pas de CA généré pendant cette
période, créateur d’entreprise ne pouvant pas justifier de CA en N-1).
Ces aides soumises à de nombreuses conditions ne semblent pas adaptées à la réalité du terrain et des
besoins des chefs d’entreprises. Trop compliquées à obtenir que ce soit au niveau administratif et surtout trop de critères d’éligibilité.



Comme nous pouvons le voir sur ce graphique 9, 19% des chefs d’entreprises interrogés n’ont pas
d’employés, ils sont leurs propres patrons, de ce fait ils ne peuvent pas demander d’aides régionales
et pourtant ils représentent une part importante du paysage, ici c’est l’équivalent de 4800
chefs/cheffes d’entreprises et entreprises de ce fait, sur le total de l’échantillon.

Le PGE

Le prêt PGE semble faire encore moins l’unanimité auprès des cheffes/chefs d’entreprises. Avec 38%
de demande (Graphique 12), seulement 53% (Graphique 13) ont une réponse positive de leur banque,
soit 20% (5380) du total des cheffes/chefs d’entreprises interrogées. Dans les raisons principales de
refus nous retrouvons la prise en compte de l’activité comme étant à risque pour 28% des cas, (Bilan
déficitaire, trop endetté, difficultés financières avant le confinement, marge négative, mauvaise note
banque de France, à découvert, pas de résultat, capitaux propres négatifs). Dans 24% des cas les
cheffes/chefs d’entreprises ont indiqué ne pas avoir eu de réponse quant au refus du PGE de leur
banque, certains se tournent même vers d’autres banques pour obtenir un PGE avec une plus forte
valorisation de leur CA. Et dans 34% des cas (Graphique 12) ils sont toujours en attente d’une réponse
de leur banque (soit 3310 demandes en attentes sur 9740). En effet, les banques ont eu du mal à se
calibrer sur la procédure à suivre pour les demandes de PGE, et a perdu du temps au début, ce qui
devrait être à l’heure de la rédaction de ce rapport rectifié. Il serait intéressant de voir maintenant, en
quelles proportions ce prêt a été validé ou non.Encore une fois nous somme face à un outil relativement peu efficace, en 2 mois de confinement sur
25 650 cheffes/chefs d’entreprises interrogées seulement 5380 ont obtenu le PGE sur 9700 demandes.
Sur ces 4320 refus, 1300 sont sans motifs ou justifications, 1000 dû à une activité considérée comme étant à risque.

Les actions souhaitées par les TPE

D’après les résultats de l’enquête une grande proportion des enquêtés ce sont accordés sur le fait
qu’une suppression des charges sociales et patronales sur à minima la période de confinement serait
une première action de soutien. Très souvent cette réponse était couplée avec l’annulation des frais
de banque et la prise en charge à 100% du chômage partiel. En réalité, 4640 répondants sur 25 650
n’ont pas indiqué la suppression des charges sociales et patronales comme étant une action
nécessaire, ainsi c’est 82% des chefs d’entreprises qui souhaiteraient que ces charges soient
supprimées.
Statistiquement les enquêtés étant au bord du dépôt de bilan ont plus souvent demandés une
suppression de la TVA et une annulation des frais de banques parmi les propositions. Ce phénomène
peut s’expliquer par le fait que 47% des entreprises au bord du dépôt de bilan ont 1 ou aucun salarié,
les charges salariales sont ainsi relayées au second plan.
Les enquêtés qui prétendent avoir des difficultés à redémarrer leur activité sont répartis de manière
homogène sur les différentes propositions, rien ne ressort comme étant d’avantage important à leurs
yeux.
Quoi qu’il en soit, la suppression des charges sociales et patronales semble être la mesure à prioriser
pour alléger les charges des patrons de TPE.

Étude CNTPE complète. https://drive.google.com/file/d/1J5MmAn1gx7mvFxsVp6MXiXY7OzLE5YFP/view?usp=drivesdk

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